1/Déforestation

En Bref

Une importante partie des forêts de la planète a disparu au cours des siècles. L'action de l'homme est majeure, en cause la création de vastes surfaces agricoles et l'implantation des villes. On estime à 6 millions d'hectare l'ampleur de la surface de la forêt amazonienne. La situation est analogue pour les grandes forêts d'afrique et de chine. Les victimes en sont le climat, la qualité de l'air et la biodiversité.

Depuis la dernière glaciation, l'homme a eu un impact grandissant sur l'étendue et l'état des écosystèmes forestiers, qu'on peut très grossièrement schématiser comme suit :
Jusqu'au XIXème siècle : déboisement et dégradation sur la plus grande partie des zones tempérées et méditerranéennes, et plus localisés dans les régions tropicales
Au cours de la deuxième moitié du XXème siècle : déboisement et dégradation accélérés en zone tropicale, reconquête et accroissement de la maîtrise de la gestion (mise en valeur et conservation) dans les régions tempérées et une situation contrastée pour les forêts boréales et méditerranéennes.

La situation dans le Monde

Actuellement, la superficie forestière croît dans tous les pays européens (sauf l'Albanie) à un rythme annuel d'environ 450.000 ha. Elle croît aussi dans tous les autres pays industrialisés, excepté le cas de la Russie et des autres pays de l'ex-URSS donnant lieu à des estimations divergentes.
Dans les pays en voie de développement situés dans la zone tropicale, la situation est toute autre :
En Afrique tropicale, Amérique et Asie-Océanie on observe une déforestation à un taux annuel de l'ordre de 5%.
En Asie-Océanie, le bilan est de 2.5% de perte de forêts en prenant en compte le reboisement.

Les principales causes du déboisement dans les tropiques peuvent être évaluées comme suit :

agriculture de subsistance 63 % (45 % sur les 63 % provenant de l'agriculture itinérante)

agriculture permanente 17 % (agriculture de "rente")

élevage extensif 6 % (surtout en Amérique latine)

surexploitation du bois de feu 7 % (conduisant à un déboisement prolongé)

surexploitation du bois d'oeuvre 6 % (conduisant à un déboisement prolongé)

infrastructures et mines 1 %

Effet sur le climat local
Les forêts absorbent beaucoup de lumière solaire pour la photosynthèse, et seulement environ 12 à 15% sont reflétés.
Les grandes quantités d'énergie absorbées par les forêts agit pour stimuler les courants de convection dans l'air qui augmentent la production des précipitations. Les forêts tropicales sont en particulier les endroits très humides et humides.

Les régions déboisées, en revanche, reflètent environ 20% de la lumière du soleil et par conséquent, peuvent devenir plus sèches en raison de la perte de végétation, augmentant le risque de désertification. À mesure que la région de déboisement augmente, l'impact sur le climat se fait ressentir plus fortement.

Réduction du dioxyde de carbone
Les arbres absorbent également le dioxyde de carbone de l'atmosphère pour la photosynthèse, et aident donc à réguler l'effet naturel de serre. Le déboisement enlève un puits potentiel pour le dioxyde de carbone que l'homme libère dans l'atmosphère. En outre, si des forêts sont retirées par le feu, du dioxyde de carbone supplémentaire emprisonné dans le bois des arbres est retourné dans l'atmosphère en venant s'ajouter au dioxyde de carbone déjà trop important.

Impact sur la biodiversité
L'abattage des forêts supprime des habitats naturels et menacent gravement la flore et la faune présente. Il peut conduire à la réduction de la biodiversité. Dans des régions comme l'Amazonie, où vivent une flore très variée, présente nulle part ailleurs et le plus souvent encore inexplorée, on craint une véritable catastrophe pour notre patrimoine mondial.
Sources : x-environnement

2/La forêt amazonienne

Présentation
Un territoire équivalent à celui de la Suisse part en fumée, chaque année en Amazonie .. L’exploitation intensive de la terre et du bois s’est traduite par une déforestation massive en Amérique latine. Des 998 millions d’hectares de forêts en 1970, il ne restait que 958 millions en 1980, 919 en 1990 et 913 en 1994, soit plus de 60% de la quantité coupée sur l’ensemble de la planète. On estime, par ailleurs, la destruction de la floresta amazonica à 5,8 millions d’hectares par an. Un phénomène qui prend une dimension particulière au Brésil puisque le pays représentait 8% des exportations mondiales de bois dur en 1995. Cette déforestation progresse d’année en année et les études scientifiques établissent que le cycle de vingt cinq à trente ans nécessaire pour la régénération n’est désormais plus respecté.
Sources : Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ; Global and Resource Information Database, Grid, Genève, Suisse ; Grid-Arendal, Norvège. (extrait du monde diplomatique)

L'Amazonie brésilienne
En Amazonie brésilienne, il existe 3 grandes catégories de forêts : la forêt de Terra Firme, la forêt de Varzea et la forêt d'Igapo.
la forêt de Terra Firme (Terre Ferme): 253 millions d'hectares.

La forêt de Terra Firme : C' est la plus importante en superficie. Elle s'étend entre les rivières, sur les interfluves. Elle est composée d'arbres géants de 40 à 50 mètres de hauteur.

la forêt de Varzea: 7 millions d'hectares. La forêt de Varzea est située dans les zones inondables. A l'époque des crues, elle est périodiquement inondées de Décembre à Juin. En général, elle s'étend sur une largeur qui peut atteindre jusqu'à 80 kilomètres de part et d'autre des rivières. Cette forêt se compose surtout d'essences dites " blanches ", essences de bois tendres à croissance rapide et d'un éventail de palmiers. Ce fut dans l'histoire de l'Amazonie, la première forêt exploitée, bien avant la construction des routes pour d'évidentes raisons d'accessibilité. D'ailleurs, la quasi totalité des bois extraits et exportés l'étaient par flottage avant l'ouverture routière.

la forêt d'Igapo : Les Igapos sont des terres marécageuses dont les sols sont hydromorphes, toujours inondés, possédant une végétation dense mais basse, pauvre en qualité et totalement inextricable.
La forêt d'Igapo a en commun avec la forêt de Varzea quelques essences qui ne sont pas exploitées aujourd'hui du fait des difficultés techniques.

A ces 3 types de forêt s'ajoute une formation secondaire qui remplace la forêt dense primaire (celle où l'homme n'est pas intervenu)

La destruction de la forêt brésilienne
La forêt est détruite mais principalement le long des axes routiers. Toute l'Amazonie n'est pas touchée mais une partie de la forêt amazonienne est menacée dans son existence. Il semble même que la disparition de la forêt semble être le prix de la "modernisation" nationale brésilienne.
L'occupation de l'Amazonie s'accélère au gré du développement des projets agricoles et d'élevage nécessitant d'importantes coupes à blanc tellement destructrices.
Sources : Source: Marie-Françoise FLEURY, docteur en géographie, professeur au collège de Gasny

3/ A savoir

Opinion : l'avis alternatif d'un marchand de bois exotiques. (Ste Cimage)

CAUSES DE LA DÉFORESTATION DANS LE MONDE
Les forêts sont menacées par deux grands types d'agressions:
les agressions de type biotique et abiotique, comme les aléas climatiques, les maladies propagées par des insectes ou des champignons, les agressions de type purement anthropique, telles que les incendies, la pollution atmosphérique, la déforestation, l'évolution des pressions sociales.
Mais cette division classique est un peu artificielle, puisque l'homme a une part de responsabilité probable dans toutes ces manifestations. La marque des actions humaines est toujours présente : elle est encore relativement modérée du fait de ses rejets de gaz à effet de serre dans les désordres climatiques, responsables de destructions importantes.

Les aléas climatiques et les catastrophes naturelles
Ils sont pratiquement totalement indépendants de l'action de l'homme. Pourtant, les inquiétudes concernant les éventuels changements climatiques à venir, conséquences des rejets humains de gaz à effet de serre, font craindre une augmentation de ces phénomènes. Sans verser dans le catastrophisme, il convient d'étudier ici non les moyens de s'opposer à ces agressions, mais les mesures à prendre afin d'augmenter la résistance des peuplements forestiers à ces événements.

Les tempêtes et les chablis
Les tempêtes ont eu une action destructrice importante au cours de ce siècle, et notamment au cours des vingt cinq dernières années en Europe. En Europe du Nord, des vents violents ont anéanti 28 millions de m3 de bois en six heures, en novembre 1972. En 1982, 12 millions de m3 sont renversés en France ; en 1987, 11.5 millions de m3 sur le pourtour de la Manche. En France en Décembre 1999, 160 millions de m3. Durant l'hiver 1990, ce sont près de 110 millions de m3 qui ont été détruits à travers toute l'Europe, ce qui est considéré comme un record millénaire.
Ces abattages anarchiques perturbent gravement les programmes de coupes et de travaux, remettant en cause l'aménagement des forêts et désorganisant le marché du bois.

Les périodes de sécheresse
Les stress hydriques fragilisent les peuplements forestiers. Ils se manifestent, soit par un changement de la distribution de l'eau au cours des saisons pour une même quantité de précipitation annuelle (l'offre étant alors décalée par rapport à la demande des peuplements forestiers), soit par une diminution du volume annuel des précipitations. .

Les agressions biotiques
Les maladies et les attaques d'insectes bref aperçu de la situation:
Parmi les causes du dépérissement de nombreuses forêts du globe, les insectes et les champignons occupent une part importante.
Ces agents biotiques interviennent, soit comme agresseurs primaires, soit le plus souvent comme agresseurs secondaires, aggravant l'état de peuplements déjà affaiblis. Les exemples de maladies sont hélas nombreux. Ces maladies se développent, soit du fait de l'activité d'agents pathogènes autochtones, soit par l'invasion d'agents allochtones dans des peuplements non résistants.

Vers une gestion forestière préventive
Face à ces agressions, les premières mesures doivent être de nature protectrice et concernent l'isolement des agents pathogènes par la mise en place de barrières phytosanitaires efficaces. Ces mesures de protections phytosanitaires nécessitent une bonne connaissance de la biologie des espèces pathogènes, afin de ne pas provoquer de dysfonctionnement abusif du commerce international des produits forestiers.

Les pays en développement
Dans les pays en développement ou dans des régions naturelles moins densément peuplées, il faudra accepter qu'une partie des surfaces boisées soit brûlée. Cette pratique appartient à une culture agro-sylvo-pastorale qui comporte des éléments positifs et qu'il serait dangereux de combattre. Les solutions ne pourront être recherchées qu'en prenant en compte les exigences de subsistance des populations concernées.
Source: www.cimage-ltd.com (Ste Cimage), relatent les propos de Coyte, (1990), cité par Gauthier (J.) - Colloque AFOCEL, Xe Congrès forestier mondial. - Grenoble, 1991.

La forêt amazonienne menacée de savanisation

A l'occasion de la 3e Conférence du "Projet à grande échelle sur la biosphère et l’atmosphère de l’Amazonie", des scientifiques ont affirmé que le bilan carbone de la forêt amazonienne pourrait devenir positif dans un futur proche. C'est à dire que le poumon de la planète deviendrait un émetteur de gaz à effet de serre plutôt qu'une sorte de puit, menaçant alors sa survie.
En effet, les centaines de millions de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère chaque année du fait du défrichement de la forêt sont actuellement presque entièrement absorbés par elle-même. Mais cet équilibre pourrait être compromis alors que des surfaces de plus en plus importantes de forêt sont coupées et fertilisées par la culture sur brûlis.

le 27 juillet, Carlos Nobre, chercheur à l’Institut national des investigations spatiales (INPE) a affirmé que la déforestation de la forêt amazonienne pourrait conduire à sa transformation en une vaste savane d’ici 50 à 100 ans.
En effet, le chercheur considère que la déforestation, provoquée par l’avancée de la culture du soja et l’élevage du bétail, a déjà un impact climatique, tant localement que dans des zones plus éloignées, puisqu’elle provoque « une diminution des pluies et un réchauffement plus important du climat ».
Les incendies provoqués par les bûcherons et les fermiers pourraient aboutir à la transformation de plus de 60% des six millions de kilomètres carrés de la forêt en savane. Le scientifique a souligné que près des 15% des 4 millions de kilomètres carrés de forêt au Brésil ont déjà été détruits.
« Presque tous les scénarios laissent prévoir un « savanisation » (de l’Amazonie) d’ici 50 à 100 ans », a dit Carlos Nobre, « Dans le pire des cas, la forêt perd quelque 60% de sa surface ; dans le meilleur, tout continue comme maintenant ; « Même sans déforestation, le réchauffement climatique pourrait provoquer la « savanisation » de 20% à 30% » de l’Amazonie, a signalé Carlos Nobre.

Selon les sources officielles brésiliennes, des années 70 à fin 2002, les incendies ont détruit plus de 630 000 km2 des 3,68 millions de km2 que compte la forêt amazonienne dans ce pays couvert à 70% par la forêt.
Près de 23.500 km2 de forêt amazonienne disparaissent chaque année. "Nous devons réduire l’incidence du brûlis pour permettre à la forêt équatoriale de nettoyer (l’air) plus efficacement", a affirmé Paulo Artaxo, professeur à l’Université de Sao Paulo et coordinateur de la conférence.
Sources : notre-planete.info (31/07/04)

Déforestation à madagascar

Madagascar est présentée depuis longtemps comme un des lieux du monde les plus riche en biodiversité. Malheureusement, depuis longtemps, il ne s'agit plus que d'une renommée. Aujourd'hui, crises politiques, pauvreté et croissance démographie ont porté durablement atteinte aux forêts malgaches. Et comme il n'existe pas d'autre source d'énergie que le bois ou le charbon de bois sur l'île, on coupe de plus en plus les eucalyptus qui n'ont même plus le temps de se régénérer pour les usages domestiques. L'arrivée du gaz butane sur l'île pourrait être une solution partielle à la déforestation galopante.
Sources : Gaia - production AED & France 5

Le Kremlin vend la moitié des forêts russes aux industriels

Le Kremlin pourrait vendre 8,4 millions de km2 de forêts russes à de compagnies privées d'exploitation du bois. 8,4 millions de km2, c'est 49 % de la superficie totale de la Russie (17 millions de km2) !
Cette décision fait redouter un désastre écologique, rapporte le quotidien britannique The Guardian. De la Baltique au Pacifique, la forêt couvre 70 % du territoire Russe et enjambe 12 fuseaux horaires : c'est le "poumon" du continent eurasien. Après la forêt amazonienne, les conifères de la taïga russe forment le second ensemble forestier mondial. Ils réabsorbent 15 % des émissions de CO2, le gaz à effet de serre considéré comme le principal responsable du changement climatique.
Andrei Ptichnikov, du World Wildlife Fund de Russie note : "La Russie dispose de 22 % de la forêt de la planète. La taïga est très importante à l'équilibre du climat à cause des espèces rares qui y poussent."

Sources : Transfert.net (26/09/2003)

Guyane, la catastrophe écologique de la ruée vers l'or

Selon Benoît de Thoisy, coordinateur scientifique de l'association Kwatal, l'ONF (Office national des forêts) a repéré 12 chantiers illégaux dans la réserve des Nouragues, réserve naturelle de 10 000 hectares. Aujourd'hui, selon l'ONF, il y a entre 800 et 1 000 chantiers de pillage d'or en Guyane, dont 86 % d'illégaux. La forêt équatoriale, qui constitue 95 % du territoire, est radicalement détruite par le passage des chercheurs d'or. Le sol est décapé, interdisant sans doute la régénération des sites. Les rejets de mercure dans les rivières se transforment en méthylmercure dont les effets sont néfastes pour l'homme ; troubles neurotoxiques, incidences sur le développement cérébral, risque de malformation des foetus... Absorbé par les espèces végétales, puis par les poissons herbivores, ce mercure se retrouve en concentration importante dans les tissus des poissons carnivores. Or ceux-ci constituent l'alimentation quotidienne des Amérindiens de Guyane, dont le mode de vie traditionnel repose sur le fleuve.
Selon le gouvernement, les efforts de lutte mis en place permettent d'endiguer le phénomène, qui se déporte vers le Surinam et la Guyane. Cet optimisme n'est pas partagé par les écologistes qui estiment que ces opérations sont limitées par les fuites et l'ampleur du réseau illicite.

 

 
 
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